177 millions engloutis, zéro résultat : l’échec cuisant des opérations “anti-gangs” en Haïti

Entre le 26 juin et le 9 juillet 2025, la Police Nationale d’Haïti (PNH), dirigée par Rameau NORMIL, a bénéficié d’un financement public de 177 130 000 gourdes (selon un document officiel émis par le Ministère de l’Économie et des Finances, daté du 18 juillet 2025), pour exécuter six opérations « anti-gangs » à travers plusieurs zones sensibles du pays.

Pourtant, malgré cet investissement colossal, aucun impact significatif n’a été observé sur le terrain. Bien au contraire, les groupes armés continuent de gagner du terrain, les attaques se multiplient et les policiers tombent sous les balles, comme l’ont tragiquement démontré les récents événements dans l’Artibonite, où le gang Gran Grif a tué trois agents et incendié un blindé.


Détail des dépenses autorisées :

Localité ciblée Montant alloué (HTG) Période couverte

Kenscoff        45 000 000      26 juin – 25 juillet 2025


Mirebalais.    29 500 000     25 juin – 26 juillet 2025


Port-au-Prince / zone maritime 12 630 000 9 juillet

– 8 août 2025


Tabarre / Torcel / Pernier 45 000 000 24 juin – 24 juillet 2025


Gressier        40 000 000     26 juin – 25 juillet 2025


Artibonite 5 000 000 26 juin – 25 juillet 2025


TOTAL 177 130 000 HTG



Sur le terrain : aucune amélioration, plus de déplacés

Alors que ce budget aurait dû représenter une contre-offensive sécuritaire, les résultats sont inexistants. À Tabarre, les habitants continuent de fuir leurs maisons face à la pression des gangs. Même scénario à Kenscoff et dans la plaine de l’Artibonite où les populations sont livrées à elles-mêmes.

Des millions sont injectés, mais les territoires sous contrôle de l’État diminuent chaque semaine, au profit d’une criminalité de plus en plus organisée et impunie.


Une gestion opaque des fonds publics

Ce document, désormais public, soulève des questions sérieuses :

Où sont passées ces 177 millions de gourdes ?

Quelles opérations concrètes ont été menées ?

Où sont les rapports de résultats ?

Pourquoi aucun commandant de zone ou responsable de la PNH n’est en mesure de justifier les effets de ces actions ?


Alors que l’État perd du terrain, la population perd confiance. L’insécurité se banalise, et les ressources publiques sont dilapidées sans transparence, ni obligation de résultat.




Conclusion : Haïti n’a plus droit à l’échec

La lutte contre les gangs ne peut être une façade budgétaire. Chaque gourde doit produire un impact réel sur le terrain. En 2025, dans un pays rongé par la violence, la moindre dépense sécuritaire doit être justifiée, évaluée et corrigée si inefficace.

Haïti ne peut plus se permettre de perdre ni son argent, ni sa population.

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