Le Cameroun reste sous l’emprise d’une présidence sans fin. Paul Biya, 92 ans, a encore remporté l’élection présidentielle, décrochant un 8e mandat après 43 ans ininterrompus à la tête du pays. Une longévité unique au monde, symbole d’un pouvoir qui semble indestructible.
Les résultats officiels, annoncés par le Conseil constitutionnel, lui attribuent 53,66 % des suffrages. Mais l’opposition dénonce une « victoire volée ». Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre devenu adversaire politique, affirme au contraire avoir obtenu 54,8 % des voix et appelle ses partisans à “défendre leur victoire” dans les rues.
La tension a rapidement explosé. À Douala, la capitale économique, quatre personnes ont été tuées, selon les autorités locales, lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Des témoins accusent la police d’avoir tiré à balles réelles, après des jets de gaz lacrymogènes.
Cette nouvelle crise électorale confirme le malaise profond d’un pays où la démocratie reste étouffée. Pendant plus de quatre décennies, Paul Biya a résisté aux défis : contestations sociales, crises économiques, pression internationale et même conflit séparatiste dans les régions anglophones. Chaque fois, le statu quo l’a emporté.
Mais jusqu’à quand ?
Un pays de 28 millions d’habitants attend toujours l’alternance, pendant qu’un pouvoir vieillissant refuse obstinément de céder sa place.
