
Invité à comparaître devant la Cour d’Appel de Port-au-Prince dans le cadre de l’enquête en cours sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’ancien Directeur Général de l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP), Jeantel Joseph, a fait des révélations graves mettant directement en cause l’ex-Premier ministre Ariel Henry.
Lors de son audition, M. Joseph a déclaré avoir été l’objet de pressions politiques directes de la part de l’ancien Chef du Gouvernement. Selon ses dires, Ariel Henry aurait tenté de l’impliquer dans une manœuvre illégale, en lui adressant une invitation irrégulière, sans passer par le canal officiel de son ministère de tutelle, ce qui constitue une violation des normes administratives.
Au cœur de cette pression : le déplacement des agents de la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP) qui surveillaient le canal de Ouanaminthe, à la suite d’une demande du gouvernement dominicain. En échange de cette faveur, Ariel Henry lui aurait promis de retirer son nom du dossier d’instruction sur l’assassinat de Jovenel Moïse. Jeantel Joseph affirme avoir refusé catégoriquement cette offre.
Il déclare également avoir reçu une seconde proposition d’influence, cette fois accompagnée de la promesse d’une promotion, s’il acceptait de se plier à la demande. Toujours selon lui, une convocation suspecte lui aurait été envoyée pour se rendre à la résidence officielle du Premier Ministre, le 28 décembre 2023, ce qu’il juge contraire aux pratiques légales d’audition, qui doivent se dérouler dans un cadre neutre, tel que le bureau ou le domicile du concerné.
Pour Jeantel Joseph, son refus d’obéir à ces injonctions expliquerait son changement de statut judiciaire, de témoin à inculpé. Il rejette fermement l’ordonnance judiciaire rendue à son encontre, et se dit disposé à répondre à toutes les questions de la justice pour faire toute la lumière sur ce dossier sensible.
