
La centrale hydroélectrique de Péligre est de nouveau hors service. Ce n’est pas une panne technique, mais plutôt le résultat d’un mouvement de colère organisé par des habitants exaspérés de Mirebalais. Ces derniers, à bout de souffle, ont volontairement forcé l’arrêt de la production électrique, dénonçant le mépris de l’État face à la mainmise des gangs sur le pays.
Cette action radicale est une réponse désespérée à un sentiment généralisé d’abandon. À Port-au-Prince, la capitale déjà fragilisée, les conséquences sont immédiates : obscurité totale, réseau paralysé, infrastructures à l’arrêt. La coupure d’un seul pylône a suffi pour asphyxier une capitale déjà à genoux. Ce n’est plus la malchance, mais la résignation des autorités qui plonge le pays dans le chaos énergétique.
Les cris de détresse montent. Le peuple se demande : combien de sacrifices faudra-t-il encore avant que l’État prenne enfin ses responsabilités ?
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Analyse de la situation :
Ce qui se passe à Mirebalais est symptomatique d’un État en déroute. La population, particulièrement dans le Plateau Central, vit sous la terreur des groupes armés et dans la privation totale de services essentiels. Le mouvement de protestation qui a conduit à l’arrêt de la centrale de Péligre, source principale d’électricité pour Port-au-Prince, est un cri d’alerte, mais il met paradoxalement en péril d’autres régions déjà fragiles.
Le paradoxe : en s’opposant aux gangs et à l’inaction de l’État, les Mirbalesiens risquent de compromettre la survie de la capitale, et certains foyers.
D’un point de vue stratégique, cette action démontre que la population est prête à tout pour se faire entendre, même si cela implique des conséquences nationales.
Du côté de l’État, le silence est accablant. Il n’y a ni réponse sécuritaire à la hauteur, ni mesures d’urgence pour garantir la sécurité des installations critiques comme Péligre, pourtant vitales pour le fonctionnement de la capitale.
Conclusion :
Le pays est pris en étau entre l’insécurité, la crise énergétique et le désengagement total de l’État. Le mouvement de Mirebalais n’est pas un acte de sabotage, mais un appel désespéré à la justice, à la dignité et à l’action. Si rien n’est fait, ce type d’initiative pourrait se multiplier, au détriment de toute la nation.
Il est temps que les autorités cessent de détourner le regard et assurent leurs devoirs envers un peuple à bout de souffle.
