La crise qui secoue l’Office National d’Assurance (ONA) vient de franchir un seuil critique. Le lundi 19 janvier 2026, une réunion tenue au siège de l’institution à Pétion-Ville entre la direction générale et le Syndicat des Employés de l’ONA (SE-ONA) a viré à l’affrontement verbal. L’atmosphère, décrite comme « électrique », a exposé au grand jour une fracture profonde entre le Directeur général, Ronald Bazile, et les représentants du personnel, révélant un malaise institutionnel durable.
Dès l’entame des discussions, le président du syndicat, Wilgaud Michel, a livré un réquisitoire sévère contre la gestion actuelle de l’ONA. Un an après l’arrivée de M. Bazile à la tête de l’institution, le bilan dressé par le SE-ONA est jugé « catastrophique ». Selon les syndicalistes, l’ONA serait engluée dans une paralysie administrative quasi totale depuis près de trois ans, affectant gravement son fonctionnement.
Les employés dénoncent des conditions de travail indignes d’une institution publique stratégique. Faute d’installations fonctionnelles et d’un environnement de travail adéquat, leur présence serait devenue essentiellement symbolique, avec une activité réelle limitée à environ cinq jours par mois. Une situation qualifiée d’« intenable » et révélatrice d’un effondrement organisationnel profond.
La réunion a également été marquée par de vives interrogations autour d’un contrat immobilier jugé exorbitant, portant sur un bâtiment situé à Peguy-Ville. Pour le syndicat, ce dossier incarne les dérives présumées de la gestion actuelle et alimente les soupçons de mauvaise gouvernance. Sous la pression, le Directeur général a tenté de se défendre en rejetant une partie des critiques sur la presse, qu’il accuse de mener une campagne de dénigrement contre son administration.
Cette stratégie défensive n’a toutefois pas convaincu. Le président du SE-ONA a immédiatement réfuté ces accusations, prenant publiquement la défense du média concerné — sans le nommer — qu’il a qualifié de crédible. Il a affirmé que le syndicat dispose de preuves matérielles et d’informations fiables appuyant ses dénonciations.
Cet épisode marque une escalade significative dans la crise qui secoue l’ONA. Entre accusations de mauvaise gestion, soupçons entourant des contrats controversés et rupture manifeste du dialogue social, le bras de fer entre la direction et les employés semble désormais inévitable. En toile de fond, une exigence de plus en plus pressante : transparence, responsabilité et réforme en profondeur de la gouvernance de l’institution.
