Excursion illégale, négligence fatale : la vérité sur la mort de Stephora

Trois semaines après la mort tragique de Stephora Ann-Merci Joseph, 11 ans, lors d’une sortie scolaire à Santiago en République dominicaine, les conclusions officielles viennent lever le voile sur une affaire marquée par l’illégalité, la négligence et de graves défaillances institutionnelles. Publié ce 9 décembre 2025, le rapport médico-légal de l’Institut national des sciences forensiques (INACIF) confirme que la jeune écolière haïtienne est morte d’une asphyxie par immersion, un décès qualifié de « mort violente ».

Ce qui devait être une simple activité pédagogique s’est transformé en drame évitable. L’enquête révèle que l’excursion n’avait jamais été autorisée. L’ordre 09-2009 interdit strictement l’organisation d’activités scolaires dans des piscines, rivières ou plages. En ce sens, cette sortie était illégale, en violation directe de la loi 136-03 du Code des mineurs.

Pourtant, le pire reste à venir. Selon le rapport du DICAT, les images de surveillance montrent que deux employées présentes sur place n’ont pas porté assistance à Stephora, alors qu’elle se trouvait en situation de détresse dans la piscine. Francisca Josefina Tavárez Vélez et Vilma Altagracia Vargas Morel auraient préféré passer des appels téléphoniques plutôt que surveiller les enfants.

Les faits seraient survenus vers 9h45, mais la fillette serait restée plus de 30 minutes au fond de la piscine avant qu’un autre enfant ne remarque son corps. Pire encore, l’examen médico-légal n’a été réalisé qu’à 14h05, un délai incompréhensible qui nourrit l’indignation et alimente des interrogations sur la prise en charge et la gestion de l’urgence.

Face à ces révélations accablantes, la justice dominicaine a procédé à l’arrestation de quatre cadres du collège, accusés d’homicide involontaire, d’abandon et de maltraitance de mineurs :

– Yris Del Carmen Reyes Adams, directrice administrative
– Gisela Altagracia González, coordonnatrice générale
– Francisca Josefina Tavárez Vélez, orientatrice
– Vilma Altagracia Vargas Morel, coordonnatrice du secondaire

Cette affaire, devenue un symbole des dérives et des manquements dans le système éducatif, suscite une profonde indignation en Haïti comme en République dominicaine. Les familles et la société civile exigent désormais justice, responsabilité et transparence totale pour que la mort de la petite Stephora ne soit jamais oubliée.

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