
Le 12 août 2025, le département de la Justice des États-Unis a annoncé l’inculpation de Jimmy “Barbecue” Chérizier, chef du gang haïtien Viv Ansanm, et de plusieurs de ses complices, pour avoir violé les sanctions américaines. Parmi eux figure Bazile Richardson, alias Fredo, Fred Lion, Leo Danger et Lepe Blode, un Haïtien naturalisé américain, arrêté sur le sol américain.
Selon le communiqué officiel, ces individus collectaient des fonds dans la diaspora haïtienne pour les transférer à Chérizier. L’argent servait à payer les membres du gang, à acheter des armes et des munitions, et à maintenir la mainmise violente de Viv Ansanm sur la capitale haïtienne. Les autorités américaines affirment que les transferts se faisaient en toute connaissance des sanctions imposées depuis 2020 au chef de gang.
Un réseau de financement démantelé
Bazile Richardson, résidant aux États-Unis, a été arrêté en juillet 2025 au Texas. Les enquêteurs l’accusent d’être l’un des principaux relais financiers de Chérizier à l’étranger, utilisant son influence dans la diaspora pour lever des fonds, malgré les sanctions fédérales.
Il est poursuivi aux côtés de trois autres Haïtiens : Fred Lion, Leo Danger et Lepe Blode. Tous sont accusés de complot pour violer les sanctions et de participation au financement d’une organisation criminelle internationale.
Une première sous la loi Global Magnitsky
Cette affaire marque la première utilisation de la Global Magnitsky Human Rights Accountability Act dans un procès fédéral américain. Cette loi permet de sanctionner sévèrement les auteurs de violations graves des droits humains, où qu’ils se trouvent dans le monde.
Jimmy Chérizier, ancien policier devenu chef de gang, est accusé de crimes particulièrement violents, notamment le massacre de La Saline en 2018, au cours duquel 71 personnes ont été tuées, plus de 400 maisons incendiées et au moins 7 femmes violées.
Viv Ansanm : la terreur à Port-au-Prince
À la tête de Viv Ansanm (anciennement G9), Chérizier contrôle aujourd’hui près de 90 % de Port-au-Prince. Son groupe est impliqué dans des assassinats ciblés, enlèvements, attaques contre les prisons, aéroports, infrastructures stratégiques et institutions publiques.
Ces violences ont contribué à la démission du Premier ministre Ariel Henry et à l’aggravation de la crise politique haïtienne.
Une récompense record
Face à cette menace, le FBI et le département d’État américain offrent une récompense allant jusqu’à 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant de localiser, arrêter ou condamner Jimmy “Barbecue” Chérizier.
Les signalements peuvent être effectués via le numéro 1-800-CALL-FBI ou sur les plateformes sécurisées du gouvernement américain.
Un signal fort de Washington
Pour les autorités américaines, cette opération judiciaire vise à envoyer un message clair : aucune frontière ne protégera les réseaux criminels responsables de la déstabilisation d’Haïti. En s’attaquant non seulement au chef de gang mais aussi à ses soutiens financiers à l’étranger, Washington veut assécher les ressources qui alimentent la violence.
