Port-au-Prince, Haïti — L’Administration générale des douanes (AGD) a réaffirmé cette semaine l’interdiction d’importation des objets à caractère sexuel sur le territoire haïtien, notamment les sextoys. L’annonce a été faite lors du lancement de la série « Causerie avec la douane » à l’hôtel Karibe.
Une décision qui fait grincer des dents, alors que les armes à feu et les munitions continuent d’entrer sans grand obstacle dans le pays, alimentant une insécurité chronique.
S’appuyant sur les articles 42 et 304 du Code des douanes, l’AGD invoque la lutte contre les produits « contraires aux bonnes mœurs ». Vibrateurs, pénis artificiels et autres accessoires érotiques sont désormais expressément interdits. Une rigueur morale qui tranche avec le laxisme observé face à la contrebande d’armes lourdes et de munitions.
Pour de nombreux observateurs, cette décision illustre une hypocrisie institutionnelle : le plaisir intime est traité comme une menace, tandis que les cargaisons de fusils circulent librement à travers les ports et les frontières.
Pendant que la douane brandit la pudeur, la mort, elle, continue d’être importée — chaque jour, chaque cargaison, chaque balle.
