Port-au-Prince, jeudi 9 octobre 2025 — Le retour annoncé en grande pompe du gouvernement intérimaire au Palais national s’est transformé en une matinée d’humiliation et de chaos.
Alors que devait se tenir le tout premier Conseil des ministres au siège officiel de la présidence depuis plus d’un an et demi, des détonations d’armes automatiques ont retenti à proximité, forçant les autorités à vider les lieux dans la précipitation.
Selon plusieurs sources sécuritaires, les tirs provenaient d’éléments de la coalition criminelle “Viv Ansanm”, qui ont lancé une offensive surprise dans les environs du Palais.
Des témoins rapportent que les officiels ont quitté les lieux sous escorte, tandis que les agents de la PNH tentaient désespérément de contenir la poussée des bandits.
Deux véhicules blindés de la BRH attaqués en pleine capitale
Dans le même temps, la tension s’est accentuée dans d’autres zones de la capitale.
Deux véhicules blindés appartenant à la Banque de la République d’Haïti (BRH) ont été pris pour cible par des hommes lourdement armés.
L’un transportait des militaires, l’autre un chauffeur seul.
Par miracle, aucune victime n’a été recensée, mais les échanges de tirs ont duré plusieurs minutes, plongeant Port-au-Prince dans un climat de guerre urbaine.
Les gangs défient l’État en plein cœur du pouvoir
Alors que la PNH ripostait avec vigueur, plusieurs bandits se sont réfugiés à l’intérieur des maisons, incapables d’affronter directement les forces de l’ordre.
Mais le symbole reste fort : les gangs ont réussi à perturber une réunion d’État au Palais national, au nez et à la barbe des autorités.
Un nouvel affront pour un pouvoir intérimaire qui peine à affirmer son autorité sur un centre-ville devenu le théâtre d’une reconquête illusoire.
La République sous siège
Ce jeudi noir rappelle une fois de plus que le pouvoir réel ne se trouve plus au Palais national, mais entre les mains de ceux qui tiennent les armes.
La prétendue « reprise du centre-ville » semble n’être qu’un mirage politique, tant que les bandits pourront dicter le rythme de la capitale à coups de rafales.
Pendant que les ministres fuient sous les balles, le peuple, lui, reste prisonnier d’un pays en otage.
