Quand la pluie de Mélissa relance le spectre du choléra en Haïti

Chaque goutte qui tombe sur le sol haïtien ne se contente pas d’inonder les terres : elle alimente un cercle vicieux. Alors que la tempête Mélissa balaie la péninsule sud de la République d’Haïti, le pays — déjà fragilisé par des années de crise — se retrouve face à un double fléau : la force des éléments et la résurgence silencieuse mais meurtrière du choléra.

Depuis début 2025, plus de 2 500 cas suspects de choléra ont été recensés dans le pays, avec de multiples foyers identifiés dans des camps de déplacés.  Cette maladie hydrique, qui avait quasi disparu, revient aujourd’hui dans un contexte où les installations sanitaires sont réduites à un fil. Ajoutons à cela une tempête qui s’annonce intense : Mélissa pourrait lâcher 15 à 25 centimètres de pluie dans certaines zones montagneuses, déclenchant ruissellements, inondations et contaminations massives d’eau.

Le décor est sombre mais clair : infrastructures sanitaires quasiment à l’arrêt, réseau d’eau potable instable, populations déplacées et vulnérables… le virus du choléra n’attend qu’un coup d’eau pour se propager. Selon la Organisation panaméricaine de la santé : « La réponse, la surveillance épidémiologique et l’accès aux soins sont sérieusement compromise. »

En résumé : la tempête n’est pas seulement un événement météo. Pour Haïti, c’est un déclencheur potentiel de catastrophe sanitaire. Le choléra pourrait frapper fort dans les prochains jours — et ce sont les quartiers les plus négligés, les camps de fortune, les réseaux d’eau improvisés, qui risquent de payer le plus lourd tribut.

Appel urgent à la responsabilité collective

Les autorités doivent anticiper, coordonner et communiquer clairement. Le pays ne peut plus fonctionner en mode réaction à chaque crise. Assurer l’accès à l’eau potable, renforcer la surveillance dans les zones à risque et protéger les personnes déjà vulnérables ne sont plus des options. Le temps presse.

La population, elle aussi, doit redoubler de vigilance : éviter les eaux stagnantes, se tenir informée, protéger les plus fragiles et signaler tout danger. Le choléra se propage vite, la désinformation aussi. Nous devons rester soudés.

Même sous les nuages les plus lourds, Haïti a toujours trouvé la force de tenir debout. Le courage du peuple haïtien n’a jamais faibli. Restons alertes, restons prudents, mais surtout restons unis. L’espoir existe tant que nous continuons à lutter ensemble.

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