Il n’y aura pas de vols commerciaux des compagnies aériennes américaines vers Haïti jusqu’à septembre 2026. La Federal Aviation Administration (FAA) a officiellement prolongé la suspension des liaisons à destination du pays, invoquant la détérioration persistante de la situation sécuritaire. Depuis novembre 2024, aucun vol international n’a opéré à l’Aéroport international Toussaint Louverture, la principale porte d’entrée aérienne de la capitale.
Pendant ce temps, les autorités multiplient les déclarations rassurantes. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait promis à plusieurs reprises le retour des vols internationaux, sans jamais respecter une échéance. De son côté, le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, avait annoncé début janvier 2026 qu’au moins une route nationale contrôlée par les gangs serait libérée avant le 7 février. Trois jours avant cette date, il est revenu sur sa déclaration, invoquant une tentative de coup d’État. Après le 7 février, aucune route stratégique n’a été sécurisée, et pourtant Mario Andrésol a été promu ministre de la Défense.
Un aéroport fermé depuis des mois n’est pas un simple incident administratif. C’est un symbole de souveraineté en panne et de crédibilité internationale fragilisée. Les investissements se raréfient, les organisations internationales ajustent leurs opérations, la mobilité de la diaspora se réduit et l’économie formelle s’asphyxie. Les discours officiels sur la stabilisation et la lutte contre l’insécurité contrastent fortement avec la réalité sur le terrain : routes bloquées, zones stratégiques disputées, infrastructure clé inopérante.
La nomination d’un responsable malgré des engagements non tenus pose une question cruciale : dans quelle mesure l’État mesure-t-il réellement ses résultats ? Quand le ciel reste fermé, que valent les déclarations de contrôle et de victoire sur l’insécurité ? La sécurité ne se proclame pas, elle se démontre. Et pour Haïti, le ciel verrouillé reste le juge le plus impartial.
