Services monnayés au ministère de la Justice : quand l’argent accélère la légalisation des documents

Au ministère de la Justice, là où des milliers de citoyens viennent chaque jour pour légaliser des documents importants, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : le traitement des dossiers semble dépendre de la somme que l’on accepte de « glisser » aux employés.

Pourtant, le processus de légalisation est simple et abordable : il suffit d’acheter un timbre à la DGI d’une valeur de 102 gourdes. Mais dans la pratique, cette formalité devient un cauchemar pour beaucoup. Les citoyens qui suivent le circuit normal se voient donner des rendez-vous repoussés, des délais interminables, et parfois même des réponses vagues ou le silence complet.

> Junior témoigne : “Mwen gen 22 jou depi map monte desann dèyè yon extrait. Li pa janm prè.”

> Nadia confie : “Mwen bezwen extrait mwen pou m al depoze pou viza Brésil la. Moun yo kenbe pyès mwen, mwen soti jis Croix-des-Bouquets.”

Dans ces mêmes services, lorsqu’un citoyen accepte de payer un montant supplémentaire en dehors du timbre légal, les choses s’accélèrent comme par magie. Le document est souvent prêt en un ou deux jours. Cette pratique, bien qu’informelle, est devenue monnaie courante et transforme un service public en une transaction privée.

Cette situation alimente une inégalité flagrante et renforce la méfiance du public envers les institutions. La légalisation, un droit administratif accessible à tous, ne devrait pas dépendre de la capacité à payer un pot-de-vin.

Il est temps que les autorités compétentes interviennent pour rétablir l’ordre, assurer la transparence et garantir un traitement équitable pour chaque citoyen, qu’il ait ou non de l’argent à offrir en plus des 102 gourdes exigées par la loi.

More From Author

Haïti : L’ULCC demande des poursuites contre l’ex-Protecteur du citoyen Renan Hedouville pour détournement de biens publics

États-Unis : Germine “Yonyon” Joly nie toute implication dans l’enlèvement des 17 missionnaires en Haïti