Ultimatum sécuritaire : l’État promet de rouvrir les routes du Nord et du Sud avant le 7 février

À moins d’un mois de l’échéance du 7 février, l’État haïtien affiche une posture résolument offensive face à l’insécurité. Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, a réaffirmé l’engagement des autorités dans un processus de reconquête progressive du territoire national, avec une priorité claire : la réouverture des principaux axes routiers reliant Port-au-Prince au Nord et au Sud du pays.


Selon Mario Andrésol, la dynamique opérationnelle actuelle devrait être renforcée par la livraison imminente de matériels stratégiques attendus depuis novembre 2025. Ces équipements, longtemps retardés, permettront aux forces de l’ordre d’intensifier leurs opérations tout en réduisant les risques liés aux pièges et embuscades fréquemment utilisés par les groupes armés. Il a confirmé avoir reçu et validé un plan opérationnel élaboré par la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH) pour la reprise de la route du Sud, tout en précisant que les détails ne peuvent être rendus publics pour des raisons évidentes de sécurité.


Sur le terrain, le secrétaire d’État a insisté sur un changement de paradigme dans la stratégie sécuritaire. L’objectif ne se limite plus à l’arrestation ou à l’élimination des chefs de gangs, mais vise désormais le démantèlement systématique de leurs structures. Cette approche cherche à couper les caïds de leurs bases opérationnelles, de leurs réseaux logistiques et de leurs sources d’influence. Dans ce cadre, plusieurs bandits ont déjà été neutralisés à l’aide de drones explosifs, une capacité que la PNH affirme désormais maîtriser grâce à des équipements adaptés.


Par ailleurs, des véhicules blindés reçus en don sont déjà déployés dans des zones stratégiques, notamment à Mirebalais et dans l’Artibonite. Ces déploiements s’inscrivent dans une phase préparatoire à l’élargissement des offensives vers d’autres territoires, une fois certaines zones clés de Port-au-Prince sécurisées.


Mario Andrésol n’a toutefois pas occulté les faiblesses internes de l’institution policière. Il a reconnu l’existence de dysfonctionnements administratifs au sein de la PNH, révélant qu’un crédit budgétaire d’un million de gourdes n’a pas été utilisé à la clôture du dernier exercice fiscal. Cette situation, selon lui, résulte principalement de difficultés liées aux procédures de réquisition. Des séances de travail ont été engagées entre le gouvernement et la hiérarchie policière afin d’améliorer la gestion administrative et d’assurer une meilleure absorption des fonds publics alloués à la sécurité.


Enfin, le secrétaire d’État s’est félicité de l’amélioration notable de la coordination entre les différentes forces engagées dans la lutte contre l’insécurité : la PNH, les Forces armées d’Haïti (FAD’H), la Force de suppression des gangs (FSG) et la Task Force. Depuis mars 2025, un renforcement du leadership et de la cohésion interinstitutionnelle aurait permis des avancées significatives, contribuant à une efficacité accrue des opérations sur le terrain.
À l’approche du 7 février, les autorités jouent désormais une course contre la montre. Entre promesses de reconquête, nouvelles capacités militaires et défis administratifs persistants, la réussite ou l’échec de cette stratégie pèsera lourdement sur la crédibilité de l’État face à une population éprouvée par des années d’insécurité.

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