Le grand patriarche de la musique haïtienne a rendu sa dernière note. Dieudonné Larose s’est éteint ce vendredi 9 janvier 2026 en Floride, laissant un silence immense dans le cœur de sa famille, de ses innombrables admirateurs et de toute la culture haïtienne, à laquelle il a consacré sa vie.
Né le 5 juin 1945, l’artiste venait de franchir le cap des 80 ans. L’année 2025 semblait être un long hommage à sa carrière : acclamé par Montréal le 6 juin lors d’une cérémonie publique, puis présent en août à un rassemblement communautaire, il incarnait jusqu’au bout ce lien vital entre Haïti et sa diaspora. Ces apparitions étaient comme les ultimes accords d’une symphonie bien-aimée.
Son identité, riche et complexe comme son œuvre, puise ses racines dans plusieurs terres haïtiennes. Fils de Port-au-Prince, il se revendiquait du Nord, tout en étant nourri par Jacmel, l’Artibonite et Limbé. De cette géographie intime est née une musique elle aussi multiple, fusion magistrale de konpa, de ballades espagnoles et de rythmes afro-caribéens. Ses chansons, souvent teintées d’engagement social, ont accompagné et éclairé des générations, sculptant un patrimoine aussi vaste que durable.
Mais au-delà de la légende artistique, Dieudonné Larose était avant tout un patriarche au sens noble du terme. Père de 25 enfants et grand-père de 16 petits-enfants, il bâtissait sa plus grande œuvre dans l’intimité de sa famille. Cette dimension personnelle, qu’il évoquait avec une fierté sincère, révélait l’ampleur de son cœur et la véritable échelle de son héritage : celui de la transmission.
Aujourd’hui, sa voix s’est tue, mais la mélodie, elle, est désormais éternelle. Dieudonné Larose laisse derrière lui bien plus que des chansons ; il laisse une présence, un guide, et cette dernière note qui résonnera à jamais dans le ciel de la musique haïtienne.
