
Face à une intensification des violences armées dans la zone de Tabarre, à proximité immédiate de leur représentation diplomatique, les États-Unis ont annoncé, lundi 4 août 2025, la fermeture temporaire de leur ambassade en Haïti. Le personnel diplomatique a été immédiatement confiné à l’intérieur du complexe, alors que de violents échanges de tirs étaient signalés dans les environs.
Selon un communiqué publié par le Département d’État sur X (ex-Twitter), tous les déplacements officiels du personnel hors du site diplomatique sont suspendus « jusqu’à nouvel ordre ». Les autorités américaines mentionnent « des tirs nourris dans le quartier de Tabarre » et exhortent les citoyens américains à éviter la zone.
Tabarre, située au nord-est de Port-au-Prince, non loin de l’aéroport international Toussaint Louverture, est aujourd’hui l’épicentre d’une vague de violences armées qui plonge une fois de plus la capitale haïtienne dans la peur.
Cette fermeture intervient dans un contexte de crise politique et sécuritaire persistante. Elle soulève de nombreuses interrogations, d’autant plus que, récemment, les autorités américaines avaient laissé entendre que la situation en Haïti s’était stabilisée, au point de décourager le renouvellement du Temporary Protected Status (TPS) pour certains ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis.
Pour de nombreux observateurs, cette décision de fermer l’ambassade contredit le discours officiel tenu par Washington ces derniers mois. En qualifiant Haïti de « suffisamment sûre » pour le retour de ses ressortissants, les États-Unis justifiaient alors leur refus de prolonger ce statut humanitaire. Aujourd’hui, les faits semblent raconter une tout autre histoire : même leur propre personnel diplomatique est contraint de se retrancher derrière des murs fortifiés pour échapper aux violences.
Une fois de plus, cette situation dramatique met en lumière l’ampleur de l’insécurité qui gangrène Haïti et l’écart flagrant entre certaines déclarations diplomatiques et la réalité sur le terrain.
