Dans un paysage littéraire haïtien en pleine mutation, une voix singulière tente de s’imposer avec force, profondeur et radicalité. Cette voix, c’est celle de Stever Zéphirin, auteur de deux ouvrages qui promettent de bousculer les certitudes : Le Rêve Noir et Le monde et ses maux de mots. À l’occasion d’une vente-signature prévue le 26 avril à Delmas 79, Entre Nous Restaurant, rencontre avec un écrivain à la plume engagée, mystique et résolument dérangeante.
Un écrivain né dans la solitude et la différence
Né le 7 novembre 1990 à Port-au-Prince, Stever Zéphirin est journaliste sportif et diplômé en sciences juridiques. Mais avant tout, il est un écrivain façonné par la solitude.
Très tôt, dès l’âge de 15 ans, il développe un goût prononcé pour l’écriture à travers des jeux de correspondance. Une passion qui ne le quittera plus, malgré les incompréhensions de son entourage.
« Mes amis me prenaient pour un fou. J’avais toujours un cahier, un livre et une plume entre les mains. »
Se définissant lui-même comme un “loup solitaire”, il transforme l’isolement, les trahisons et la mélancolie en matière première littéraire.
Son parcours académique, allant du Collège Yves Albert Boucher à l’EDSEG , en passant par une formation en journalisme sportif à l’ISNAC, témoigne d’un profil polyvalent, entre rigueur intellectuelle et sensibilité artistique.
Deux livres, deux univers… une même mission
Lors de cette vente-signature, l’auteur présentera deux ouvrages complémentaires :
Le monde et ses maux de mots
Un livre ancré dans la réalité tangible. Ici, Stever Zéphirin explore :
les injustices sociales
les rapports de domination
les contradictions du monde moderne
Inspiré par l’histoire contemporaine et la politique internationale, ce livre se veut une critique frontale des dynamiques de pouvoir, notamment celles qu’il associe à l’influence occidentale.
Le Rêve Noir
À l’opposé, cet ouvrage plonge dans un univers invisible et métaphysique. L’auteur y aborde :
la mort
l’âme
les énergies invisibles
la destinée humaine
Avec une écriture poétique et symbolique, il interroge les fondements mêmes de l’existence, dans une réflexion qui oscille entre spiritualité et mysticisme.
Un processus d’écriture intense et atypique
Fait remarquable : les deux livres ont été écrits simultanément, sur une période d’un an.
« Quand l’inspiration était politique, j’écrivais Le monde et ses maux de mots. Quand elle devenait spirituelle, j’écrivais Le Rêve Noir. »
Son style ? Philosophique, mystique et engagé, avec une tonalité sombre assumée.
Mais le chemin n’a pas été facile. Entre précarité, manque de moyens et jugements sociaux, l’auteur a dû écrire dans des conditions difficiles, souvent sur de simples feuilles, avant de recevoir un ordinateur comme soutien décisif.
Écrire pour éveiller, pas pour séduire
À travers ses ouvrages, Stever Zéphirin ne cherche pas à plaire.
« Je ne suis pas là pour plaire, je suis là pour réveiller les consciences. »
Son ambition est claire : pousser les lecteurs à réfléchir, à questionner le monde visible comme invisible, et à se confronter à des vérités souvent ignorées.
Une rencontre symbolique avec le public
La vente-signature du 26 avril ne sera pas une simple formalité. Pour l’auteur, il s’agit d’un moment fort :
un espace d’échange direct avec les lecteurs
une validation personnelle après un parcours difficile
une expérience intime autour de ses univers
Les participants pourront découvrir ses œuvres, échanger avec lui, poser leurs questions et repartir avec une dédicace personnalisée.
📍 Lieu : ENTRE NOUS, Delmas 79
🕑 Heure : 14h à 17h
Une ambition littéraire affirmée
Stever Zéphirin ne compte pas s’arrêter là. Son objectif est ambitieux : publier cinq livres d’ici 2030.
Il travaille déjà sur un troisième ouvrage intitulé Sans Appel, qui poursuivra son exploration des thèmes philosophiques et mystiques.
Une littérature haïtienne en pleine ascension
L’auteur inscrit son travail dans une dynamique plus large : celle d’une littérature haïtienne en pleine reconnaissance internationale, portée par des figures majeures comme :
René Depestre
Frankétienne
Edwige Danticat
Yanick Lahens
Dany Laferrière
Un message aux jeunes écrivains
Son conseil est direct :
« N’écoutez pas ce que les gens racontent. Les routes sont épineuses, mais il faut croire en soi. »
Mot de la fin
Fidèle à lui-même, Stever Zéphirin conclut avec intensité :
« Je suis Stever, et ce que j’écris… n’a jamais de retour. »
Le rendez-vous est donc pris pour le 26 avril, pour une immersion dans un univers où les mots ne cherchent pas à plaire… mais à marquer.
