Le nom de Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, résonne aujourd’hui comme celui d’une victime sacrifiée au nom du voyeurisme numérique.
À seulement 25 ans, ce jeune Français est mort dans la nuit du 17 au 18 août 2025, après avoir subi plus de 300 heures de violences physiques, psychologiques et humiliations en direct sur la plateforme Kick.
Présenté comme un simple « divertissement », le marathon de streaming s’est progressivement transformé en calvaire filmé.
Décharges électriques, coups, privation de sommeil, insultes homophobes, humiliations sexuelles… Tout était diffusé sous les yeux d’un public hilare ou impuissant.
Ses propres compagnons de live, les « Coudoux », l’avaient réduit au rôle de souffre-douleur, exploitant sa vulnérabilité et son addiction aux cigarettes comme monnaie de chantage.
À plusieurs reprises, Jean avait exprimé son désir de quitter l’appartement.
À plusieurs reprises, il avait dit vouloir appeler la police.
Mais il en a été empêché par la force, menacé, et rattrapé par ceux qui avaient fait de lui leur marionnette.
Dans la nuit fatale, son corps inanimé est resté à l’écran, sous les yeux glacés de milliers de spectateurs. Le live a continué, alors même que la vie l’avait quitté.
Face à l’émotion suscitée, le parquet de Nice a ouvert une enquête pour violences volontaires, séquestration et diffusion d’images violentes.
Le gouvernement français, par la voix de la ministre déléguée au Numérique Clara Chappaz, a dénoncé une « horreur absolue » et pointé la responsabilité des plateformes qui laissent prospérer ces dérives.
La mort de Jean Pormanove n’est pas seulement une tragédie individuelle.
Elle est le reflet glaçant d’une époque où la souffrance humaine devient spectacle, où l’algorithme prime sur la dignité.
Un rappel brutal que derrière l’écran, il y a des vies réelles — et que certaines se brisent pour nourrir notre curiosité morbide.

