Crise explosive dans les Caraïbes : Maduro dénonce une « guerre non déclarée » des États-Unis

22 septembre 2025 –
La tension monte dangereusement entre Washington et Caracas. Dans une lettre adressée à Donald Trump et rendue publique par la vice-présidente Delcy Rodriguez, le président vénézuélien Nicolás Maduro rejette catégoriquement les accusations américaines de narcotrafic et appelle son homologue à « préserver la paix par le dialogue ».

Mais pendant que Caracas plaide la diplomatie, les Caraïbes s’embrasent. Les États-Unis ont déployé navires de guerre et sous-marin nucléaire dans la région, officiellement pour une vaste opération antidrogue. Washington affirme avoir déjà détruit trois embarcations de narcotrafiquants présumés près des eaux vénézuéliennes, tuant une dizaine de personnes.

« La pire des fake news »

Dans sa missive datée du 6 septembre, Maduro dénonce une campagne de désinformation orchestrée par la Maison-Blanche. Selon lui, les accusations de liens entre son gouvernement et les cartels « sont absolument fausses ». « C’est la pire des fake news lancée contre notre pays pour justifier une escalade vers un conflit armé », accuse-t-il.

S’appuyant sur des données de l’ONU, le président vénézuélien assure que 87 % de la drogue produite en Colombie transite par le Pacifique, 8 % par la péninsule de La Guajira, et seulement 5 % tente de passer par le Venezuela. Il insiste : son pays est un « territoire exempt de production de drogues », rappelant que ses forces de sécurité ont détruit cette année plus de 70 % du petit volume de narcotiques circulant à travers les 2.200 km de frontière commune avec la Colombie.

Une « guerre non déclarée »

Vendredi, le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez est allé plus loin, dénonçant une « guerre non déclarée » des États-Unis et promettant que les forces armées vénézuéliennes sont prêtes à réagir à toute éventuelle intervention militaire.

Les accusations de Washington sont lourdes : les États-Unis offrent jusqu’à 50 millions de dollars de récompense pour toute information menant à la capture de Maduro, qu’ils accusent d’être au cœur d’un réseau de narcotrafic.

Escalade régionale

La crise dépasse désormais les frontières du Venezuela. Dimanche matin, la République dominicaine a confirmé une frappe américaine contre un bateau chargé de drogue au large de ses côtes, en provenance précisément de la zone de Guajira évoquée dans la lettre de Maduro.

Dialogue ou confrontation ?

Malgré la démonstration de force américaine, Maduro tente de donner le ton de la diplomatie : « J’espère que nous pourrons ensemble vaincre ces fake news (…) je vous invite à préserver la paix par le dialogue et la compréhension dans tout l’hémisphère », écrit-il à Trump.

Mais dans un climat où les menaces militaires se multiplient, et où le Venezuela reste assis sur les plus grandes réserves pétrolières du monde, la paix par le dialogue pourrait bien être reléguée au second plan.

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