Après deux années de silence imposé par la terreur des gangs, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), plus connu comme l’hôpital général, s’apprête à rouvrir ses portes… mais loin de son siège historique.
Réuni en présence de conseillers présidentiels, dont Leslie Voltaire, Smith Augustin et Louis Gérald Jules, le gouvernement de transition a annoncé la relocalisation provisoire du plus grand centre hospitalier du pays. Une décision entérinée par un protocole d’accord entre le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP).
Nouvelle adresse : la Direction d’organisation des Services de Santé (DOSS) du MSPP.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé se veut rassurant :
« La santé est un droit fondamental. Il ne peut pas attendre. Aucun Haïtien ne doit être privé de soins à cause de la violence et de l’insécurité. »
Un passé marqué par le sang
La fermeture de l’HUEH remonte à février 2024, quand une attaque armée au centre-ville a contraint l’hôpital à cesser toute activité. Depuis, ses locaux sont contrôlés par des gangs.
La tentative de réouverture du 24 décembre 2024, initiée par l’ex-ministre de la Santé, Dr Duckenson Bléma, avait tourné au carnage : 3 morts (dont 2 journalistes et un policier) et 8 journalistes blessés par balles. Le scandale avait coûté son poste au ministre Bléma.
Une relocalisation en urgence
Pour Leslie Voltaire, représentant de Fanmi Lavalas au Conseil Présidentiel de Transition, cette décision est avant tout une réponse urgente en matière de santé. Toutefois, il précise que les autorités travaillent pour reprendre le contrôle du centre-ville afin de rendre l’hôpital à son emplacement d’origine.
Pendant ce temps, des milliers de familles espèrent que cette réouverture provisoire offrira enfin une bouffée d’oxygène dans un pays où l’accès aux soins est devenu un luxe menacé par les balles et l’instabilité.
