Un nouveau visage à la tête de l’UNESCO, symbole d’un tournant vers le Sud et d’un espoir de rééquilibrage culturel mondial.
L’Égyptien Khaled El-Enany a été élu, ce lundi, Directeur général de l’UNESCO par le Conseil exécutif de l’organisation, succédant à la Française Audrey Azoulay dont le mandat arrive à terme.
Il a remporté une large majorité face au diplomate congolais Firmin Matoko, marquant un moment historique : pour la première fois, un Égyptien prend les commandes de l’agence onusienne dédiée à l’éducation, la science et la culture.
Qui est Khaled El-Enany ?
Né le 14 mars 1971, Khaled Ahmed El-Enany est professeur d’égyptologie à l’Université Helwan, au Caire. Polyglotte et passionné d’histoire, il a bâti une carrière remarquable dans la recherche, la muséologie et la préservation du patrimoine.
Ancien ministre des Antiquités, puis ministre du Tourisme et des Antiquités, il a supervisé des projets d’envergure mondiale, dont :
le Grand Egyptian Museum (GEM), futur plus grand musée archéologique au monde,
la célèbre “Pharaohs’ Golden Parade”, procession historique des momies royales,
la restauration de l’Avenue des Sphinx à Louxor,
et la tournée internationale de l’exposition “Tutankhamun: Treasures of the Golden Pharaoh”.
Soutenu par l’Union africaine, la Ligue arabe et plusieurs pays européens, El-Enany incarne un pont entre l’Afrique, le monde arabe et l’Occident.
Une UNESCO pour les peuples
Son slogan de campagne, « UNESCO pour les peuples », résume sa philosophie :
« Mettre la culture, l’éducation et la connaissance au service du développement humain et de la paix. »
Le nouveau directeur entend promouvoir une UNESCO plus inclusive, décentralisée et ancrée dans les réalités du Sud global.
Il souhaite rapprocher l’organisation des jeunes, des enseignants et des communautés locales, en faisant de la culture et du savoir des leviers de transformation sociale.
Ses priorités pour le mandat 2025-2029
1. Culture et patrimoine
Sauvegarder les sites historiques menacés par les guerres ou le changement climatique.
Promouvoir le patrimoine africain et oriental.
Renforcer la coopération culturelle pour la paix et le dialogue des civilisations.
2. Éducation et inclusion
Réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud.
Promouvoir l’égalité d’accès à l’éducation, notamment pour les filles et les zones rurales.
Intégrer l’intelligence artificielle et les outils numériques dans les programmes éducatifs.
3. Climat et technologie
Faire de l’UNESCO un acteur clé de l’éducation au changement climatique.
Soutenir les initiatives écologiques et culturelles durables.
Encadrer les enjeux éthiques liés à l’IA et aux médias numériques.
Les défis qui l’attendent
El-Enany prend les rênes d’une institution confrontée à des tensions géopolitiques, des budgets restreints et une érosion de la confiance entre États membres.
Son principal défi : réconcilier les blocs politiques et restaurer l’autorité morale de l’UNESCO sur les grands dossiers mondiaux.
Son expérience ministérielle et sa diplomatie apaisée pourraient lui permettre d’équilibrer dialogue et innovation, entre puissance culturelle et pragmatisme.
Un mandat d’espoir
L’arrivée de Khaled El-Enany marque une nouvelle ère pour l’UNESCO : celle d’un leadership africain ouvert, moderne et humaniste.
En plaçant la culture et l’éducation au cœur de l’action mondiale, il ambitionne de faire de l’UNESCO un véritable moteur du dialogue des peuples et de la paix durable.
