Port-au-Prince, 6 octobre 2025 — La rentrée judiciaire 2025–2026 s’est tenue ce lundi dans un contexte à la fois symbolique et tendu dans la capitale haïtienne. À l’issue de la cérémonie officielle, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a effectué une visite au centre-ville de Port-au-Prince, notamment au Champ de Mars, afin d’évaluer l’avancement des travaux de réhabilitation et de revitalisation urbaine initiés par le gouvernement.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à favoriser le retour progressif des institutions publiques et à redynamiser le cœur administratif de la capitale, longtemps déserté à cause de la violence des gangs et de l’insécurité persistante. Le Premier ministre, entouré de plusieurs membres de son cabinet et de hauts responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH), a profité de cette occasion pour réaffirmer la détermination de l’État à rétablir l’ordre, la confiance et la stabilité.
« L’État reste debout, et nous sommes résolus à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et démocratiques dans un climat apaisé », a déclaré le chef du gouvernement.
Cependant, la journée n’a pas été exempte de tension. Selon des témoins sur place, des coups de feu ont été entendus non loin du périmètre du Champ de Mars, provoquant un court moment de panique parmi les agents de sécurité et les passants. Les autorités n’ont pas confirmé la nature exacte de l’incident, mais la PNH a rapidement sécurisé la zone pour éviter toute propagation de la panique.
Malgré cet épisode, la visite s’est poursuivie, traduisant une volonté manifeste du gouvernement de reprendre le contrôle symbolique et institutionnel du centre-ville. Pour plusieurs observateurs, cette démarche illustre une tentative de relancer les services publics, longtemps paralysés par la situation sécuritaire et la crise politique prolongée.
Alors que la rentrée judiciaire marque traditionnellement un moment de renouveau pour la justice haïtienne, celle de 2025 survient dans un pays où les défis demeurent immenses : réforme du système judiciaire, lutte contre la corruption, et restauration de la sécurité nationale.
La présence renforcée des forces de l’ordre autour du Champ de Mars a rappelé, s’il en était encore besoin, la fragilité du climat sécuritaire dans la capitale. Pourtant, beaucoup voient dans cette journée un signe d’espoir, celui d’un État qui tente de se redresser, pas à pas, face à la peur et au chaos.
