Port-au-Prince, le 13 octobre 2025 —
Dans une décision rendue à trois voix sous la présidence du juge Emmanuel Lacroix, la Cour d’appel de Port-au-Prince a annulé l’ordonnance du juge instructeur Walther Wesser Voltaire, rendue le 25 janvier 2024, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
La Cour a, dans le même temps, désigné le magistrat Denis Cyprien pour reprendre entièrement le dossier — tant sur la forme que sur le fond — rapporte le média Passion Info Plus.
Une ordonnance controversée
L’ordonnance annulée avait mis en accusation plus d’une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles figuraient :
la veuve Martine Moïse,
l’ancien Premier ministre Claude Joseph,
l’ex-directeur général de la PNH Léon Charles,
l’ex-chef de l’USGPN Dimitri Hérard,
Joseph Félix Badio, Jeantel Joseph, Renald Lubérice, Gonzague Day,
ainsi qu’Ardouin Zéphirin, entre autres.
Depuis sa publication, ce document avait suscité de vives critiques dans les milieux juridiques et politiques, tant à Pacot qu’à Puits Blain, plusieurs observateurs le jugeant « juridiquement instable » et entaché d’irrégularités.
Détention maintenue et coopération internationale sollicitée
Tout en annulant l’ordonnance, la Cour a décidé de maintenir en détention les personnes déjà incarcérées dans le cadre de cette affaire.
Elle a également fait droit à la demande du parquet visant à obtenir une assistance judiciaire internationale des États-Unis et du Canada. Cette coopération devrait permettre d’entendre plusieurs personnalités clés, dont :
Marie Étienne Joseph, Martine Moïse, Joverlein Moïse, Jomarlie Moïse, Léon Charles, le Premier ministre Ariel Henry, ainsi que l’ancien juge Roger Noël Cius, entre autres.
Une enquête en quête de crédibilité
Alors que plusieurs inculpés poursuivis aux États-Unis dans le même dossier ont plaidé coupables sans résistance, aucun accusé en Haïti n’a reconnu sa culpabilité entre décembre 2024 et juillet 2025.
Cette différence de posture entre les juridictions américaine et haïtienne continue d’alimenter le débat sur la transparence, la cohérence et la crédibilité du processus judiciaire entourant le magnicide du 7 juillet 2021.
La désignation du juge Denis Cyprien marque ainsi une nouvelle étape décisive dans cette affaire emblématique, alors que la population haïtienne attend toujours vérité et justice sur l’assassinat de l’ancien chef d’État.
