Une atmosphère lourde plane sur la prison civile de Jacmel après une nuit marquée par un événement dramatique dont les détails soulèvent de profondes interrogations sur le système carcéral haïtien.
Selon des informations recueillies par Sosyete Makaya Sud-Est, organisation de défense des droits humains dirigée par Jean Jeudy, plusieurs détenus ont perdu la vie dans des circonstances troublantes. Le juge de paix Antonius Alexandre, assisté de Fritz Palenquet, s’est rendu sur les lieux pour le constat légal.
Les victimes identifiées sont Mardoché Louis (30 ans), Marckenson Louis (36 ans) et Jesner Théodore (48 ans). Parmi eux, seul Mardoché Louis avait été condamné — à une peine de quatre mois d’emprisonnement pour le vol d’une chèvre. Les deux autres étaient encore en détention préventive prolongée, en attente d’un procès.
D’après les premières informations, tous trois présentaient des signes de maladie avant leur décès. Ce drame met une nouvelle fois en lumière la réalité insoutenable des prisons haïtiennes, où la surpopulation, le manque d’hygiène et l’absence de soins médicaux transforment les cellules en véritables lieux de supplice.
À Jacmel comme ailleurs, cette tragédie pose une question brûlante : combien de vies faudra-t-il encore pour que la dignité humaine soit respectée derrière les murs des prisons haïtiennes ?
