Partie de Port-au-Prince avec un simple sac à dos, Mylène Jean s’est frayé un chemin jusqu’au cœur de Toronto. Entre résilience, travail acharné et attachement indéfectible à ses racines, elle incarne le visage lumineux d’une diaspora haïtienne qui ne cesse d’inspirer.
Une traversée marquée par le courage
Quand le sol d’Haïti a tremblé en janvier 2010, la vie de Mylène Jean a basculé. Sa maison détruite, ses repères effacés, elle décide de tout quitter. Direction : le Canada. « Je n’avais rien à perdre, seulement la foi et l’envie de survivre », confie-t-elle, le regard chargé d’émotion.
Arrivée à Toronto, le choc est brutal. Le froid, la langue, la solitude — tout semble étranger. Mais Mylène s’accroche. Elle travaille de jour dans un restaurant, de nuit dans une résidence pour personnes âgées, et trouve encore la force d’apprendre l’anglais. « Chaque mot que je prononçais était une victoire. »
Du rêve à la réalité
Après cinq années de sacrifices, Mylène décroche son diplôme en soins infirmiers au George Brown College. Aujourd’hui, elle exerce dans un grand hôpital de Toronto, où son empathie fait l’unanimité.
« Quand je soigne un patient, je pense à ma grand-mère à Delmas, qui n’a jamais pu consulter un médecin. C’est pour elle que je continue », dit-elle avec un sourire qui cache mille batailles.
Redonner à la terre qui l’a vu naître
Fière de son parcours, Mylène refuse de tourner la page sur Haïti. En 2022, elle fonde Roots of Hope, une organisation communautaire qui envoie chaque année du matériel scolaire et médical dans plusieurs zones défavorisées du pays, notamment à Carrefour et Léogâne.
« On ne quitte jamais vraiment Haïti. On la porte dans le cœur, peu importe la distance. »
Une identité qui transcende les frontières
Chez Mylène, la culture haïtienne se vit intensément. Le riz djondjon parfume son appartement, les tableaux de Saint-Soleil décorent ses murs, et le drapeau bleu et rouge trône fièrement à sa fenêtre chaque 18 mai.
« Être Haïtienne, c’est un honneur. Chaque fois qu’on me demande d’où je viens, je réponds sans hésiter : I’m from Haiti — the land of freedom. »
Une voix qui inspire la diaspora
Figure respectée de la communauté haïtienne de Toronto, Mylène multiplie désormais les interventions dans les écoles et les associations. Elle y raconte son histoire, encourageant les jeunes femmes à croire en leurs rêves.
« Je veux que chaque fille de Port-au-Prince sache qu’elle peut aller aussi loin qu’elle le décide. Ce n’est pas facile, mais c’est possible. »
Un symbole de résilience
De Port-au-Prince à Toronto, le chemin de Mylène Jean est celui d’une renaissance. Une histoire qui rappelle que, malgré les blessures, Haïti continue de briller à travers ses fils et ses filles, où qu’ils se trouvent.
