Le 7 février, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a officiellement cessé d’exister.
Mais la fin formelle de cet organe ne semble pas marquer la fin de ses pratiques.
Des informations concordantes révèlent qu’anciens conseillers présidentiels, aujourd’hui sans mandat, chercheraient à pérenniser leurs privilèges aux frais de l’État, en dehors de tout cadre légal, dans un pays déjà exsangue.
Un passif financier déjà explosif
Avant même sa dissolution, le CPT faisait l’objet d’un rapport accablant du RNDDH, documentant un niveau de dépenses sans précédent pour un organe non élu et temporaire.
Le rapport établit que :
Chaque conseiller coûtait jusqu’à 146 567 USD par mois
Le coût total mensuel pour les neuf (9) membres atteignait 1 181 367 USD
Les lignes budgétaires incluaient notamment :
carburant, fêtes spéciales, frais pour conjoint, cartes de débit, téléphonie, seconde résidence, frais d’intelligence, déplacements, réfrigérateur, petit-déjeuner
Ces dépenses, engagées dans un contexte d’effondrement sécuritaire et humanitaire, ont déjà soulevé de graves interrogations sur la gestion des ressources publiques.
Après la fin du CPT, une nouvelle dérive
Selon des informations obtenues de sources proches du dossier, les anciens conseillers présidentiels tenteraient désormais d’obtenir un secrétariat privé individuel, malgré la fin officielle de leurs fonctions.
Cette initiative passerait par le secrétariat général de la Présidence, dirigé par Marie Régine Haddad, secrétaire générale du Palais national.
Une rencontre est prévue ce jeudi entre la SG et des représentants des anciens conseillers, laissant craindre une tentative de validation administrative d’avantages post-mandat.
Aucune base légale
Le point central de cette affaire est juridique et sans ambiguïté :
Aucun texte de loi, aucun décret, aucune disposition réglementaire ne prévoit :
des privilèges,
des avantages administratifs,
ni des secrétariats privés
pour des anciens conseillers présidentiels.
Malgré cela :
chaque ex-conseiller aurait déjà transmis une liste de sept (7) personnes destinées à composer son secrétariat,
les contrats de ces personnes seraient déjà rédigés, selon la source,
les véhicules officiels utilisés par les ex-CP et leurs proches n’ont pas encore été rapatriés.
Déclarations publiques versus réalité des faits
De manière troublante, la secrétaire générale du Palais national aurait indiqué au média Métronome qu’elle n’entendait accorder aucun privilège aux anciens conseillers présidentiels.
Or, les éléments disponibles indiquent :
une réunion programmée,
des démarches administratives déjà engagées,
et une absence de mesures concrètes pour récupérer les biens de l’État.
Ce décalage alimente les soupçons d’une institutionnalisation discrète de privilèges illégitimes.
Une tentative de capture de l’État
Ce qui se joue ici dépasse une simple controverse administrative.
Il s’agit d’un schéma classique de capture de l’État :
Accès massif aux ressources publiques pendant l’exercice du pouvoir
Absence de reddition de comptes
Fin du mandat sans rupture réelle
Tentative de maintien d’avantages sans base légale
Opacité décisionnelle
Le tout dans un pays où l’État peine à financer :
la sécurité,
les services sociaux de base,
et les institutions essentielles.
Une question de droit mais aussi de morale publique
Le 7 février devait marquer une rupture.
Il risque de devenir le point de départ d’un précédent dangereux :
des dirigeants temporaires transformant une transition en rente.
Qui protège l’intérêt général ?
Qui dit le droit ?
Qui mettra fin à cette dérive ?
