
Alors qu’Haïti traverse une crise multidimensionnelle sans précédent, une nouvelle alerte humanitaire vient frapper de plein fouet les plus vulnérables : les enfants. Près de 100 000 élèves pourraient être privés de repas scolaires fournis par le Programme alimentaire mondial (PAM), en raison d’un manque critique de financement, selon un rapport relayé cette semaine par le Miami Herald, sous la plume de la journaliste Jacqueline Charles.
Cette annonce survient à un moment où la faim, la pauvreté et l’instabilité sécuritaire plongent des millions d’Haïtiens dans une situation d’extrême précarité. Le PAM, qui œuvre depuis des années à offrir des repas chauds dans les écoles, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre logistique. « Nous n’avons ni nourriture, ni argent pour en acheter – ni localement, ni à l’étranger », a averti Lola Castro, directrice régionale du PAM pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
La situation est d’autant plus alarmante que la saison cyclonique 2025 est annoncée comme particulièrement active, exposant davantage le pays à des catastrophes naturelles. Le moindre choc climatique pourrait précipiter des centaines de milliers de familles haïtiennes dans une crise humanitaire majeure.
Cette menace fait écho à une initiative ambitieuse lancée en 2015 par l’ancien ministre de l’Éducation, Nesmy Manigat, qui avait plaidé pour l’intégration des produits agricoles locaux dans les repas scolaires. Une approche saluée par le PAM, qui voyait là un moyen de stimuler l’économie rurale tout en luttant contre la faim en milieu scolaire. Mais faute de moyens, ce modèle exemplaire est aujourd’hui en péril.
À l’heure où Haïti est classé parmi les cinq zones du monde les plus affectées par la faim, aux côtés de la bande de Gaza, du Mali, du Soudan et du Soudan du Sud, la réduction du programme de cantines scolaires pourrait entraîner l’effondrement d’un des derniers remparts sociaux pour des milliers d’enfants déjà livrés à la violence, au décrochage scolaire et à la faim.
