Estimation IPC : 5,94 millions de personnes en crise ou pire. Marché de Delatte, Petit-Goâve, photographie d’archive 2017 de Bdx.

Insécurité alimentaire en Haïti : comprendre les 5,94 millions de personnes en Crise ou pire

Plus de 5,94 millions de personnes en Haïti sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau Crise ou pire entre septembre 2026 et février 2027, selon l’analyse IPC publiée le 28 octobre. Ce total représente 53 % de la population analysée. La projection pour mars à juin 2027 est plus défavorable, mais elle doit être distinguée de l’estimation actuelle.

Deux périodes, deux lectures

Pour la période actuelle, environ 1,8 million de personnes sont classées en Urgence, soit la phase 4 de l’IPC. Elles sont comprises dans le total de 5,94 millions : il ne faut pas additionner ces deux chiffres. Le classement distingue la gravité des difficultés alimentaires au sein de la population étudiée.

Pour mars à juin 2027, l’analyse prévoit 6,35 millions de personnes en phase 3 ou plus, soit 57 % de la population analysée, dont près de deux millions en phase 4. Cette projection décrit une évolution attendue selon les conditions retenues dans l’analyse. Elle ne constitue pas un décompte déjà observé en novembre 2026.

Ce que signifient Crise et Urgence

Le Programme alimentaire mondial explique qu’en phase 3, les ménages présentent des déficits de consommation alimentaire ou ne couvrent leurs besoins qu’au prix de stratégies qui épuisent leurs moyens d’existence. Vendre un outil indispensable pour acheter à manger peut, par exemple, résoudre un besoin immédiat tout en fragilisant les revenus futurs. Cet exemple illustre le mécanisme ; il ne décrit pas un ménage rencontré par Haiti OSINT.

La phase 4 correspond à des déficits plus importants, ou au recours à des stratégies d’urgence pour les atténuer. Les catégories servent à mesurer une gravité et à orienter la réponse. Le chiffre national de personnes en phase 3 ou plus ne permet donc pas de déclarer que toute la population est en situation de famine.

Pourquoi l’accès à la nourriture se dégrade

Dans sa publication du 29 octobre, la CNSA situe dix des trente unités d’analyse en phase 4. Elle mentionne notamment des sites de déplacés et des groupes vulnérables de l’agglomération de Port-au-Prince, ainsi que plusieurs zones de l’Artibonite, de la Grand’Anse, des Nippes, du Nord-Ouest et du Sud. Cela ne signifie pas que chaque habitant de ces départements relève de la même phase.

La CNSA décrit des perturbations de la production, du commerce et des marchés liées à l’insécurité, auxquelles s’ajoutent les difficultés économiques et les risques climatiques. Le mécanisme touche à la fois l’offre et les revenus : une marchandise peut être disponible, mais rester inaccessible à une famille dont le pouvoir d’achat s’est réduit.

L’analyse IPC recommande une assistance d’urgence, un soutien aux moyens d’existence et un renforcement de la protection sociale. Il s’agit de recommandations. Pour suivre la situation, les prochaines actualisations devront être lues avec leurs périodes de validité, leurs populations de référence et leurs hypothèses sur l’aide, les déplacements et les récoltes.

Sources et photographie

IPC, analyse publiée le 28 octobre 2026 ; CNSA, 29 octobre 2026 ; PAM, explication des phases IPC, 18 mars 2024. L’IPC et la CNSA présentent la même analyse : ces chiffres ne sont pas deux comptages indépendants. Vérification : 2 novembre 2026.

Bdx, marché de Delatte, commune de Petit-Goâve, 5 juin 2017. Photographie d’archive, sans lien documentaire avec une situation individuelle de 2026. Recadrage, contraste, texte et logo ajoutés. Adaptation visuelle sous CC BY-SA 4.0.

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