Jovenel Moïse n’est pas “décédé”, il a été assassiné

Par Haïti OSINT | 6 juillet 2025

Une note officielle de la Présidence, datée du 4 juillet 2025, invite à une messe en mémoire du président Jovenel Moïse en utilisant le mot “décédé”. Une formulation choquante et inacceptable, qui banalise un assassinat politique majeur. Retour sur une erreur qui dérange autant qu’elle interroge.

Le Secrétariat général de la Présidence d’Haïti a récemment publié une note officielle annonçant une messe de requiem prévue le lundi 7 juillet 2025 au Palais National, en hommage à feu le président Jovenel Moïse. Mais un détail a rapidement fait tiquer : le texte mentionne que le président est « décédé dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 ».

Cette formulation est non seulement inexacte, mais elle constitue une faute grave sur le plan symbolique, historique et politique. Le président Moïse n’est pas mort de causes naturelles : il a été assassiné dans sa résidence privée, à Pèlerin 5, dans des conditions particulièrement violentes. L’emploi du mot « décédé » dans un tel contexte revient à gommer la dimension criminelle de cet acte, à édulcorer un drame national encore non élucidé.

Qualifier d’« assassinat » un tel événement n’est pas une question d’opinion, mais de vérité historique et de rigueur institutionnelle. Dans un pays où la confiance envers les institutions est déjà fragile, une telle négligence sémantique renforce le scepticisme de la population et pourrait être perçue comme une tentative – volontaire ou non – de révision symbolique.

Il est essentiel que les autorités utilisent les mots justes pour nommer les faits, surtout lorsqu’elles évoquent la mémoire d’un chef d’État tombé sous les balles dans l’exercice de ses fonctions. La formulation appropriée aurait dû être :

> « … en mémoire du feu Président Jovenel Moïse, assassiné dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. »



Chez Haïti OSINT, nous appelons à la responsabilité des institutions publiques dans leur communication, particulièrement lorsqu’il s’agit de préserver la mémoire d’un événement aussi grave. Car les mots ont un poids, et mal les choisir, c’est parfois tuer une seconde fois.

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