Argent, pétrole et politique : le nom d’Haïti cité dans une affaire sensible au Congrès américain

Le nom d’Haïti apparaît dans un rapport du comité d’éthique de la Chambre des représentants des États-Unis, qui examine de possibles violations des règles de financement électoral impliquant la députée démocrate de Floride Sheila Cherfilus-McCormick. Le document, rendu public récemment, détaille des flux financiers jugés problématiques lors de la campagne électorale de 2022.


Un rapport d’allégations, sans conclusion judiciaire
Le texte publié par le comité d’éthique constitue une déclaration d’allégations et non une décision judiciaire. Il expose les éléments recueillis par les enquêteurs internes de la Chambre, sans établir de culpabilité définitive. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et la présomption d’innocence s’applique à toutes les personnes citées.


Des fonds liés au secteur pétrolier haïtien
Selon le rapport, plus de 800 000 dollars auraient transité par des structures intermédiaires liées à l’entourage politique de la députée afin de soutenir sa campagne. Le comité affirme que ces fonds seraient liés à une entreprise pétrolière ayant des activités en relation avec Haïti, identifiée comme PetroGaz-Haiti S.A.
Les enquêteurs estiment que ces flux pourraient constituer des contributions corporatives interdites, la loi américaine prohibant l’utilisation directe ou indirecte de fonds d’entreprises privées pour financer des campagnes fédérales.


Des élus municipaux de Floride mentionnés
Le rapport cite également des responsables locaux de Floride dans le cadre de son analyse des circuits financiers, sans indiquer qu’ils fassent l’objet de poursuites pénales à ce stade.
Parmi les noms mentionnés figurent :


Michael Joseph, maire de North Miami Beach, évoqué pour son rôle présumé dans la facilitation de contacts entre différents acteurs ;


Alix Desulme, maire de North Miami, cité dans la cartographie financière établie par les enquêteurs.


Le comité ne conclut pas à leur culpabilité et ne recommande pas, pour l’instant, de poursuites à leur encontre.


La défense de la députée
Sheila Cherfilus-McCormick conteste l’ensemble des accusations. Elle affirme que sa campagne n’a jamais bénéficié de fonds étrangers illégaux et décrit l’enquête d’éthique comme une démarche politiquement orientée. Sa défense rappelle que le rapport ne constitue pas une décision de justice.


Une affaire aux implications politiques et institutionnelles
Si les violations alléguées venaient à être confirmées, la députée pourrait faire face à des sanctions disciplinaires internes au Congrès, voire à un renvoi vers les autorités fédérales compétentes en cas de soupçons pénaux. Pour l’heure, l’affaire reste au stade de l’examen éthique, sans conclusion définitive.

More From Author

SCANDALE D’ÉTAT : La DEA chassée de République dominicaine après une affaire explosive de corruption

Saint-Valentin : la fête de l’amour… née de rites païens, d’exécutions et d’un énorme malentendu historique