Brûler l’espoir pour défier l’État : le Ranch FIFA Goal pris pour cible

L’incendie du Ranch de la Croix-des-Bouquets, plus connu sous le nom de Centre FIFA Goal, survient à un moment d’une extrême sensibilité pour la nation haïtienne. Alors que le pays tentait de se rassembler autour d’un rare motif de fierté nationale — la qualification historique de la sélection senior pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026 — cet acte de destruction est venu brutalement briser l’élan collectif.


Selon les informations disponibles, cet incendie criminel aurait été perpétré par le chef de gang Lanmò San Jou, en réaction directe aux opérations menées contre son fief par la Police nationale d’Haïti (PNH). En s’attaquant à une infrastructure sportive stratégique, il ne s’agit pas seulement d’un défi lancé aux autorités, mais d’un acte de barbarie assumé, visant un symbole d’espoir, de formation et d’avenir pour la jeunesse haïtienne.


Le Ranch de la Croix-des-Bouquets n’est pas un simple complexe sportif. C’est un lieu de mémoire et de construction citoyenne, un espace de loisirs, d’encadrement et de promotion du civisme, qui a façonné des générations entières de jeunes. Pendant des décennies, ce centre a servi de pilier au développement du football haïtien, accueillant camps de détection, formations techniques et rassemblements communautaires.


De nombreux talents qui ont porté haut les couleurs nationales sur la scène internationale y ont fait leurs premiers pas ou y ont affiné leur potentiel. Mechack Jérôme, Fabien Vorbe, Charles Hérold Junior, Guemsly Joseph, Nérilia Mondésir, Sherly Jeudy, Batcheba Louis, Melchie Daëlle Dumornay : autant de noms qui rappellent que ce centre représentait bien plus qu’un terrain de football — il incarnait un avenir possible.


Face à cette attaque, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) a condamné avec la plus grande fermeté un acte qui vise non seulement une infrastructure, mais l’avenir même de la jeunesse haïtienne. Le ministère a toutefois réaffirmé que son engagement en faveur des jeunes et du sport reste intact et que la mobilisation nationale autour des Grenadiers se poursuivra, malgré l’adversité.


Cet incendie pose une question fondamentale : jusqu’où la barbarie peut-elle aller si l’État ne réagit pas avec la fermeté nécessaire ? S’en prendre à un centre dédié aux jeunes, au civisme et au sport révèle un mépris total pour la vie collective et pour toute notion d’humanité.


En conclusion, le MJSAC a renouvelé son appel à la paix et à l’harmonie, tout en insistant sur la nécessité urgente de rétablir un climat de sécurité durable. Il est désormais impératif que les autorités assument pleinement leurs responsabilités, afin d’empêcher que de tels actes criminels ne se reproduisent et ne causent des dégâts encore plus graves.


Car brûler un centre sportif, c’est tenter de brûler l’espoir. Et un pays privé d’espoir est un pays en danger.

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